En faisant le tour de la fiche technique, on constate les différences avec la version Fiat. Premièrement, le moteur évolue. Au lieu du 1,4l MultiAir, essayé et aimé, on passe à son évolution Abarth. Le haut du bloc est changé, et il développe alors 30 chevaux de plus, pour culminer à 170 étalons. Côté boîte de vitesses, l’Abarth offre un choix que la Fiat n’a pas chez nous, Européens. À côté de la boîte manuelle à 6 rapports d’origine Mazda, il est également possible d’opter pour une transmission automatique à 6 rapports.
Hormis la mécanique explosive, accompagnée d’un échappement plus sauvage, l’Abarth se permet de durcir les suspensions de sa cousine, et se chausse de pneus plus sportifs. Et si vous ne l’aviez pas remarqué, il y a également les peintures de guerre qui distinguent les deux sportives. Heureusement, le capot teint en noir est une option gratuite, si vous ne souhaitez pas vous faire remarquer...
Cependant, la discrétion prend un coup lorsqu’on allume le moteur. Démarreur « à la sportive » avec un bouton sur le tableau de bord, et le 4 cylindres s’ébroue avec quelques claquements au bout du pot. Évidemment, ça nous plaît.
En enclenchant la première, on remarque que le levier parfaitement situé dispose d’une course courte, mais ferme. Un peu trop même. Les verrouillages s’avèreront parfois scabreux, mais au moins le levier est idéalement placé et on est bien installé. Attention aux grands gabarits, l’habitacle en provenance de la Mazda MX-5 peut s’avérer étriqué, surtout à la place du passager. Mais trève de bavardage, comment roule-t-elle ?
Après quelques kilomètres, on se rend compte que la puissance n’est pas explosive, mais assez douce. Si ça pousse fort, ça ne secoue pas tellement les reins. Toit ouvert, l’échappement résonne et claque au lever de pied, mais la musique semble moins travaillée que dans l’Abarth 595. Évidemment, sans toit, on peut moins peaufiner la sonorité. La boîte est efficace, et malgré un étagement un peu long, le couple du 1.400cc envoie l’aiguille du compte-tours au rupteur assez aisément. La version automatique, elle, gomme un peu les sensations, et prive surtout d’un levier de vitesses tellement précis.
Sur une route un peu accidentée (presque belge, diront les mauvais langues), le filtrage des suspensions s’avère un peu cassant pour les lombaires, mais pas trop pour le guidage de la direction. La 124 Spider fixe le cap avec son long capot, et le tient parfaitement bien. Le grip est excellent, et aucun sous-virage n’est à noter. Aucun survirage non plus d’ailleurs, ce qui peut décevoir. La direction, bien qu’électrique, envoie là où on veut, avec un excellent ressenti et un retour d’informations digne d’un système hydraulique. Le freinage est excellent, grâce à un poids plume et un système en fonte avec étriers fixes.
En la ramenant, les officiels d’Abarth nous précisent que le modèle que nous avons essayé n’est toujours qu’un modèle de pré-production. La version qui sera commercialisée dans les prochains mois pourrait évoluer sur le plan de l’amortissement et de la direction. Et c’est vrai que ce modèle, tel qu’essayé, ne semble pas encore terminé. Si la Fiat 124 démontrait une homogénéité parfaite, la version Abarth diffère, mais pas sur les bons points. La suspension plus ferme, mais pas tellement plus efficace, ainsi qu’une évolution moteur un peu discrète ne justifient pas le badge Abarth. Mais peut- être que cela va changer d’ici la version de production. On n’est plus à une surprise près de la part des Italiens...
Et si...
...Abarth dispose avec la 124 du quasi-monopole dans ce segment des roadsters vraiment sportifs, il ne faut quand même pas se reposer sur ce titre. La Mazda MX-5 2.0l n’est pas très loin, et le scorpion va devoir se remonter les manches pour tirer son épingle du jeu.
ABARTH 124 SPIDER
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