ESSAI : OPEL ADAM ROCKS S
Mi-baroudeuse, mi-sportive. L'Adam Rocks S fait-elle les choses à moitié, ou tout à fond ?
Dans nos rangs sont passées l’essentiel des petites sportives actuelles, mais il en restait une qui nous faisait envie : l’Opel Adam. Sa version sportive, dénommée S, se contentait de gonfler le moteur, raffermir les suspensions et renforcer les freins. En même temps, sur une citadine à la bouille sympa et au gabarit réduit, que peut-on vouloir de plus ? Mais aujourd’hui, parlons de sa cousine, l’Adam Rocks S. Avec son look forestier, qui, en plus de se parer de gardes-boue en plastique, offre des sensations sauvages les cheveux au vent !
Esthétiquement, l’Adam Rocks S se différencie de sa cousine Adam par l’addition de gardes-boue en plastique noir, d’un bouclier un poil plus agressif également en plastique et surtout d’un toit ouvrant en toile souple. Comme dans les vieilles Polo Open Air. Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’un cabriolet, mais les grands gabarits rouleront tout de même la tête à l’air libre... On y revient un peu plus tard. La couleur de notre modèle d’essai, un blanc un peu cassé intitulé White my Fire (on vous renvoie au catalogue de couleurs d’Opel pour le reste des jeux de mots) assorti de rouge sur le toit et de noir sur les bas de caisse, n’est pas du meilleur goût. Heureusement, la peinture reste au choix.
À l’intérieur, l’ambiance est excentrique. Si on fait exception des sièges baquets Recaro ainsi que des quelques touches de rouge (très rares) sur la planche de bord, on pourrait même la qualifier de classique ou même triste. Dans le registre du négatif, on notera également la position de l’écran multimédia Intellilink, trop basse pour être vraiment à vue. Il faudra franchement quitter la route pour se concentrer dessus, et il ne renferme toujours pas de GPS intégré. Pour le guidage, une application payante sur smartphone est toujours obligatoire. Cependant, c’est toujours mieux que l’Abarth 500, qui ne dispose toujours pas à ce jour d’un écran digne de ce nom, et l’Opel Adam Rocks S devrait s’améliorer dans le courant de l’année avec l’arrivée des systèmes connectés Apple CarPlay et Android Auto.
Si vous avez des enfants, malheureusement, il vous sera préférable de les garder en très bas âge, car au-delà de 5 ans, la place aux jambes des sièges arrières ne sera plus suffisante. Sur ce point, la 500 garde l’avantage, au même titre que pour le volume de coffre. 170 litres, ça paraît déjà petit comme ça, mais c’est encore plus petit en vrai. De plus, le seuil de chargement est très haut, et la forme de la malle bloquera de suite les objets un peu encombrants.
Mais on ne l’essaie pas pour ça, cette Adam ! Premier contact avec le démarreur, et le 4 cylindres se réveille dans un vrombissement sourd, mais très agréable à l’oreille. Le temps de quitter le parking, et voilà que son charme a déjà opéré... On s’insert dans la circulation, passe la deuxième vitesse, et écrase la pédale de droite : vroooap ! Si le 4 pattes qui se cache sous le capot n’est pas des plus mélodieux, il se fera entendre dans un bruit sourd et écartera les manants. Et en plus, il dispose d’un potentiel de « collage de slip au fond du baquet » assez élevé pour ce gabarit.
Bien installé au fond du baquet, la position de conduite n’est pas idéale, surtout pour les grands gabarits, mais on s’y habitue rapidement. Le pédalier – le même que dans la grande soeur Corsa OPC – offre un très bon feeling, et dispose d’une réponse quasi instantanée lorsqu’on joue du talon-pointe. La bonne surprise vient des freins, qui répondent toujours présent, et freinent fort ! Jamais de quoi faire pivoter la petite Adam, mais bien assez pour éviter toute mauvaise surprise à l’entrée ou à la sortie d’un virage. Mauvais point par contre pour le levier de vitesses, placé un peu trop bas, mais dont le guidage est excellent, pour rattraper le coup.
Les 150 chevaux, eux, se font sentir dès les premiers mètres, mais sont tout à fait domptables en ville ou lorsque les conditions se dégradent. Notre essai, hivernal, s’est en grande partie déroulé sur routes humides, et aucun souci majeur de motricité ne s’est révélé. C’est en grande partie dû aux pneus Continental ContiSport Contact, dont le grip et la qualité ne sont plus à présenter. Ils encaissent aisément le couple du 1.4l turbo, et empêchent par la même occasion à votre tableau de bord de devenir un sapin de Noël dès que les routes s’humidifient.
En enchaînant les virages, le tempérament de l’Adam Rocks S devient de plus en plus attachant. Si elle n’est clairement pas la plus confortable des pocket-rockets, et que ces mêmes suspensions peuvent parfois jouer quelques petits tours sur route accidentée, le comportement nerveux et ultra-réactif fait travailler les zygomatiques, et les relances étirent le mouvement jusqu’à vos oreilles. La direction, bien qu’un peu légère, remonte suffisamment d’informations. Et pour manoeuvrer, le mode city, qui augmente le niveau d’assistance, sera utile, au même titre que le radar de stationnement.
Niveau consommation, on reste mitigé. Si la petite ne consomme « que » 7,8l/100km en roulant à allure vive, le réservoir de 35 litres ne vous emmènera tout de même pas très loin. Mais vu la place à bord, intégrer un réservoir plus grand serait du ressort de David Copperfield...
Et si...
...l’Opel Adam Rocks S, avec son look sympa et son caractère attachant, représentait une alternative viable aux Abarth 500 qui pullulent dans nos régions ? On y croit, mais il manque alors un échappement digne de ce nom.
OPEL ADAM ROCKS S
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