ESSAI : RENAULT MEGANE GT
Entre la Megane normale et la future RS se trouve la GT. Littéralement entre les deux, sur tous les points.
Dès le premier regard, je me demande quel public vise la GT. Le kit carrosserie et le bleu éveillent mes sens, mais un coup d'oeil sur le profil est gâché par les jantes 17 pouces, disproportionnées et décevantes. Qu'à cela ne tienne, en sautant dans le baquet Recaro - parfaitement ajusté -, je jette un oeil à la fiche technique. 1.600cc, 205 chevaux, et boîte double embrayage à 7 rapports, on se croît dans une véritable sportive. Mais ce qui m'intrigue surtout, ce sont les 4 roues directrices.
Dès le début, les contrastes entre les attentes et les résultats étonnent. L'habitacle en alcantara fait monter simultanément mon niveau d'adrénaline et mes attentes. Le premier descend à la mise du contact, les autres ne font que monter en sortant du garage. Plus discrète que ce que je pensais, cette Megane GT en a quand même dans le ventre, ou plutôt dans les pneus. Les premiers virages mettent en confiance, et me motivent à partir pour quelques kilomètres.
La gestion de boîte n'est pas idéale en mode automatique, souvent en sous-régime et un peu lente au kick-down, mais les grandes palettes fixes sont là pour corriger le tir. Le 1.6l est discret, mais plutôt efficace. Les relances sont bonnes à bas régime, et la Française ne s'essouffle pas en montant dans les tours. Niveau caractère, par contre, je ne peux cacher ma déception. Trop linéaire, le moteur ne fait entendre qu'un grésillement dans les haut-parleurs, et rien en ouvrant la fenêtre dans les tunnels. Bon, on va se rattraper sur le reste.
C'est lorsque je me lance dans une portion sinueuse que la Megane GT se révèle véritablement. Le système 4Control fait des merveilles, en réduisant le rayon de braquage sous 50km/h et en allongeant virtuellement l'empattement au-delà de 70km/h. Les enchaînements rapides ou lents sont avalés sans hésitation. La suspension, en symbiose avec la direction, manque un tout petit peu de débattement, mais gère le roulis à la perfection.
Le grip latéral est phénoménal, jamais pris en défaut. Niveau motricité, peut mieux faire, en témoigne le tableau de bord qui clignote au détour des épingles. Sans hésitation, le point fort de cette compacte est entre le châssis et la route, tandis que son point faible se trouve devant le pilote. Les 205 chevaux sont bien présents, mais un peu endormis.
Les magiciens de chez Renault Sport n'ont pas transcendé la Megane, mais l'ont suffisamment acérée pour me frustrer. Frustré de devoir attendre jusqu'en 2018 pour essayer la RS.
Renault Megane GT
Join In
Comments (0)