Mazda MX-5 RF : Retour en Force ?

La Miata est coutumière du toit en dur, mais pas sous cette forme. La RF est cependant déjà une réussite, en témoignent les têtes qu’elle dévisse.

Pour la MX-5 ND, les ingénieurs japonais ont dû se creuser la tête. Plus courte que la précédente, celle-ci n’offrait plus assez de place pour un mécanisme de toit rigide « classique ». Qu’à cela ne tienne, les pires contraintes offrent les meilleures trouvailles, et ont mené à un nouveau type de carrosserie baptisé « Retractable Fastback ». Au rayon du positif, le toit ouvert ne fait plus perdre de volume de coffre. En revanche, le roadster prend 45kg. Verdict ?

Dès le premier contact, rassurez-vous, la Miata n’a pas tant changé que ça. L’habitacle exigu reste le même, mais si on se cogne la tête en s’asseyant, ça fait plus mal qu’avant. Le petit quinze-cent se réveille en grondant gentiment, et la première s’enclenche d’un petit coup de poignet. Dès les premiers kilomètres, l’isolation phonique fait mouche. Rien à voir avec la version roadster, les bruits de roulement se font très discrets et aucun craquement n’est à déplorer. Mais quand on achète une MX-5, c’est pour rouler découvert… Alors décapotons ! Pour cela, il va falloir s’arrêter, ou presque, car le remplacement de la toile par de la tôle signifie mécanisme compliqué. Officiellement, la belle rouge est découvrable jusqu’à 10km/h, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre, même dans les bouchons. C’est une fois les cheveux au vent que la MX-5 RF s’apprécie pleinement. Sa ligne devient (encore) plus sexy, et les sensations décuplent. Le ronronnement du 4 cylindres résonne entre les montants du toit, et le soleil qui tape ne fait qu’embellir le tableau. C’est parti pour une longue balade, afin de faire plus ample connaissance.

Au niveau du comportement, seuls les connaisseurs relèveront le tarage différent des suspensions, un poil plus souples sur la RF. Comme d’habitude, la Miata prend un léger roulis et plonge au freinage, mais son poids contenu en fait un modèle de dynamisme, tout en préservant un filtrage plus que correct. La direction, elle, reste précise comme toujours et remonte les infos à la vitesse de l’éclair. Cependant, dans les enchaînements serrés, le centre de gravité relevé se fait sentir, mais la différence est minime par rapport au roadster.

Rayon moteur, le petit 1.5l fait des merveilles. Élastique à souhait, il représente tout ce qui manque chez sa cousine italienne, la Fiat 124 Spider : un atmosphérique vif et joueur. Un peu creux à bas régime, le bloc se réveille à 3.000tr/min et le ronronnement se transforme en cri de joie. Certes, la bande-son ne vaut pas un 5 ou 6 cylindres, mais la Mazda renvoie la plupart des 4 pattes turbocompressés au placard, avec « seulement » 131 chevaux. Seul bémol, la boîte à l’étagement trop long fait presque oublier le maniement parfait du pommeau, à portée de main et bien guidé. Passer la troisième à 100km/h, c’est trop, et ça pénalise les relances en sortie de courbe. En revanche, la motricité est exemplaire, et même si le train arrière dispose d’un autobloquant, prendre la Japonaise en défaut sur sol sec s’avère difficile. Pour tracer des virgules sur la route, il faudra s’appliquer ou attendre la pluie. Le freinage, lui, surprend. Au contraire des 2 autres, la pédale du milieu s’avère un peu trop longue et manque de mordant avant la mi-course. Des plaquettes en fin de vie sont peut-être à mettre en cause sur notre modèle d’essai, mais la Mazda peut mieux faire.

En fin de compte, ces petits défauts n’enlèvent pas la banane qui nous colle au visage dès les premiers tours de roues. Pour être entièrement objectif, il faut soulever la visibilité 3/4 arrière quasiment inexistante et le mécanisme d’ouverture du coffre qui rendra plus d’un propriétaire fou. Mais la MX-5 s’adresse au coeur, pas à la tête. Au pire, la consommation faible (7,6l/100km tout au long de notre essai) fera oublier les rares bémols de la Nippone.

Choisir entre la version Roadster et la RF devient alors compliqué. La décision n’est finalement qu’esthétique, car déterminer la meilleure des deux relève du dilemme. La MX-5 quatrième génération a fait un bond au niveau des finitions et du comportement, et assure son statut de référence dans le domaine des petits cabriolets.

MAZDA MX-5 RF

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